La couleur se généralise en France au tout début des années 50 et devient indispensable en 1955 pour les films à grand spectacle. Le procédé Eastmancolor qui est moins onéreux que celui de Technicolor a la faveur des productions françaises. En 1955, Lola Montès fait partie des vingt-quatre films en couleurs dont la plupart sont tournés en Eastmancolor. Cependant les éléments intermédiaires sont des sélections trichromes. Il était donc possible de tirer des copies couleurs monopack ou faire des tirages avec le technicolor, procédé de transfert des couleurs à partir de trois matrices d'impression. Plusieurs entretiens ont été menés avec des personnes ayant travaillé sur Lola Montès, notamment le réalisateur Marcel Ophuls, fils du cinéaste et assistant sur le film. Ce dernier a gardé un souvenir précieux du tournage et des propos tenu par son père, chargés d’émotion et d’humour. Ce conseiller indispensable a été présent pendant toutes les étapes importantes de la restauration, le montage, le mixage sonore et tout particulièrement sur l’étalonnage des couleurs.
Par ailleurs, Max Ophuls a précisé sur le scénario même les couleurs qu’il souhaitait utiliser, insistant sur les contrastes et la tonalité en fonction des différents flash-back. Dans les scénarios de tournage conservés à la Cinémathèque française (notamment celui de la scripte Lucie Lichtig) chaque début de séquence comporte ainsi une note sur les couleurs des décors et des costumes.
Ces notes ont souvent été citées et analysées, en particulier par François Truffaut, pour décrire les exigences de Max Ophuls à organiser son premier film en couleur. Son assistant Ulrich D. Pickardt raconte également à propos des séquences du midi de la France : « Il a fallu habiller de tulle rouge toutes les maisons du Midi, peindre les feuilles des arbres en rouge, etc. ».
Le danger d'une restauration numérique est que, faute d'éléments de références, on ne puisse pas respecter les caractéristiques colorimétriques de la pellicule. C’est pourquoi la décision fut prise de tirer une copie étalonnée à partir du négatif original incomplet. Cet étalonnage a permis de retrouver et de respecter les couleurs d’origine en tenant compte des limites du procédé photochimique.