Lola Montès enfin restauré

La restauration de la première version n’aurait pas été possible sans plusieurs éléments photochimiques conservés dans différentes archives : le négatif original incomplet (correspondant au montage de 1957), les sélections monochromatiques (se rapprochant du montage original), la copie d’exploitation complète au format Cinemascope de la Cinémathèque Royale de Belgique (en mauvais état, particulièrement fragile, avec des couleurs passées, mais avec tous les plans répertoriés) et une copie de travail conservée à la Cinémathèque de la Ville de Luxembourg et enfin, d’autres boites contenant des sélections trichromes non montées ayant servi à réaliser les fondus et appartenant aux Films du Jeudi et aux Films de la Pléiade (voir le schéma ci-dessous, qui permet de comprendre le principe de tirage des éléments photochimiques).

Il est important de rappeler qu’un internégatif a été reconstitué par Pierre Braunberger en 1968. Le producteur avait en effet racheté les droits de Lola Montès et ressorti la deuxième version du film. Grâce à lui, plusieurs générations de cinéphiles ont découvert le film lui donnant la place qu’il mérite. C’est dans le prolongement des travaux réalisés par Pierre Braunberger et avec la complicité de sa fille Laurence Braunberger, que la Cinémathèque française a pu « poursuivre » cette restauration et offrir une version fidèle à celle voulue par Max Ophuls.

Le laboratoire GTC qui conservait les éléments de tirage de Lola Montès, avait informé Laurence Braunberger de l'état préoccupant de l’internégatif. Après quarante ans d'utilisation, cet élément ne permettait plus le tirage de nouvelles copies de qualité. C’est à partir de ce constat, il y a plus de deux ans maintenant, qu'a été entrepris la reconstruction de la toute première version du film.

 

Le négatif monté est composé des plans du négatif original et d'un internégatif de deuxième génération lui même composé des plans truqués, généralement pour les fondus enchaînés. Ces plans truqués sont tirés dans une truca à partir des sélections trichromes (l'interpositif couleur n'existait pas encore en 1955). Ce procédé dégrade légèrement la qualité de l'image. Pour la restauration de ces plans truqués, il était donc important d'utiliser les sélections non truquées de qualité supérieure.