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Lola Montès est projeté pour la première fois à Paris. Une soirée de gala exceptionnelle est organisée au cinéma Marignan, mais la mise en scène, les innovations techniques quelques fois bricolées et sa narration en flash-back dérangent. De plus, le personnage de Lola proposé par Max Ophuls déroute le public. Encouragés par une campagne promotionnelle, les spectateurs attendaient une Lola sexy et exubérante à l’image des rôles précédents de Martine Carol dans Lucrèce Borgia (1952) et Nana (1954) de Christian-Jaque. Le portrait de Lola est tout autre : elle incarne une femme inexpressive et figée, danseuse maladroite, égarée, entourée d’hommes avides et faibles, finissant dans un cirque enfermée dans une cage. Une image dérangeante et pourtant si proche des visages Ophulsiens.
Le public et une partie de la presse crient au scandale, marquent leur mécontentement devant les cinémas et déconseillent aux spectateurs de rentrer dans les salles. Ceux qui ont admiré le film – François Truffaut en première ligne – ont avant tout fait le deuil du spectaculaire annoncé. Sept cinéastes dont Jean Cocteau, Roberto Rossellini, Christian-Jaque, Jacques Tati reconnaissent Max Ophuls comme un véritable auteur et prennent la défense de Lola Montès. Ils publient une lettre parue pour la première fois dans Le Figaro du 5 janvier 1956 : "[…] Nous pensons que Lola Montès est, avant tout, un acte de respect à l’égard du public si souvent maltraité par des spectacles de niveau trop bas qui altèrent son goût et sa sensibilité. Ce film n’est pas un divertissement. Il donne à réfléchir, mais nous croyons que le public aime aussi réfléchir […]"
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