Lola Montès enfin restauré


Le tournage de Lola Montès traverse d’abord la France, en extérieur et dans différents studios, notamment à Joinville et à Saint-Maurice où sont accueillis les décors impressionnants du bateau, de l’opéra et du manoir écossais. Les difficultés commencent réellement pendant le tournage en Allemagne. Les dépassements budgétaires inquiètent les producteurs, les techniciens réclament leur salaire, le tournage prend du retard, une partie de l’équipe est attendu sur d’autres films et pendant ce temps là, la neige fond en Bavière pour les extérieurs en calèche tant attendus.

Le retard est davantage dû aux difficultés techniques qu’aux exigences artistiques de Max Ophuls, pourtant montrées du doigt par les producteurs. Les techniciens sont confrontés aux contraintes de ce nouveau format. Le Cinemascope nécessite en effet un éclairage puissant et deux assistants pour la mise au point. Le tournage en trois langues oblige aussi l’équipe à recommencer les plans dialogués de nombreuses fois. Cette règle n’est cependant pas toujours respectée et certaines scènes sont tournées en une seule langue puis postsynchronisées au montage avec les voix des acteurs ou celles d’autres comédiens. Il s’agit de rattraper le retard mais aussi de résoudre des problèmes techniques : l’utilisation de la stéréophonie, des prises de son impossibles à cause du bruit sur le plateau, des plans trop larges pour placer les micros prêt des acteurs. L’étude des bandes sonores a montré comment dans une même séquence les prises directes ont été remplacées par des sons postsynchronisés.